Loge Aurore Sociale

A Troyes, la première Loge reçoit ses patentes et ouvre le 21 mars 1751 sous le titre distinctif de « L’Union de la Félicité ». Le 17 septembre 1773, elle s’affilie au Grand Orient de France et prend le titre de «Union de la Sincérité ».

La vie de cette Loge est active avec deux réunions mensuelles : le deuxième dimanche de chaque mois, l’après-midi à 14 heures et le quatrième mercredi, le soir à 20 heures.

La Loge prospère et les locaux deviennent bientôt trop étroits, elle loue donc un local situé près de la Porte Saint-Jacques pour 8 années.

La Révolution se profile, le dernier tracé dont nous disposons est daté du 21 mai 1789, avec le compte rendu de la fête de la Saint Jean d’été. Pour la période qui suit, nous ne disposons d’aucune trace sur l’existence de la Loge, ni sur ses activités et ceci pendant 15 ans.

A la lecture des tracés, il semble que la Loge « L’Union de la Sincérité » devait être très engagée vis à vis de l’Empire.

Officiellement, nous passons à la création, le 24 novembre 1850, de la nouvelle Loge troyenne, « L’Union Fraternelle » qui devient la suite de la lignée, qui depuis 1751, assure la pérennité de la Maçonnerie dans l’Aube. Cette Loge perdurera jusqu’à nos jours avec la Loge « L’Aurore Sociale ». En effet, « L’Union Fraternelle » demande à changer de nom le 26 mai 1901, sous le prétexte du nombre important de sociétés sportives ayant la même dénomination.

Sans avoir de documents précis, on peut penser que lors de la Commune, la Loge troyenne était du côté des communards, avec de telles attitudes qui sont la traduction d’un grand sentiment de rigueur républicaine.

En septembre 1901, la Loge déménage encore pour aller rue de la Pierre ; elle y restera jusqu’en 1924.

A cours de la première guerre mondiale, les Francs-Maçons de « L’Aurore Sociale », non mobilisés, persistèrent à se réunir. Hélas la tourmente devait laisser de nombreux vides parmi les plus jeunes.

Dans les années trente, « L’Aurore Sociale »regroupait de nombreuses personnalités et son extériorisation était agissante.

Les banquets d’été avaient un caractère moins discret qu’actuellement, organisés qu’ils étaient toujours chez des restaurateurs troyens, de nombreuses personnalités étaient invitées.

1939, la mobilisation générale.

La Loge privée de ses éléments les plus jeunes, et les plus actifs, continua ses travaux jusque fin mai 1940. Les lois de Vichy parues en août interdisaient la Franc-Maçonnerie et la saisie des biens maçonnique. A Troyes ils seront donnés par l’occupant à des italiens fascistes qui en feront leur local jusqu’en 1944.

A l’exode, les archives furent dispersées, celles de 1914 à 1939 furent détériorées ou brûlées.

Pendant la période de l’occupation, les Francs-Maçons pour la plupart traqués et leur identité divulguée par le Pilori, et la Tribune de l’Aube mirent fin à leur activité, tout en participant à différents mouvements de Résistance. Ils payèrent un lourd tribut à la cause de la « LIBERTÉ ».

Les activités reprirent le 9 décembre 1945 sans interruption jusqu’à maintenant.